Plusieurs années après le massacre du 7 octobre 2023, Richard Kenigsman poursuit
son œuvre d’artiste engagé, témoin de ce présent funeste, comme il le fut d’un triste
passé haineux qui resurgit dans l’actuel. Il témoigne, certes, mais il nous donne à
voir et à sentir à travers son regard acéré et ses affects violents, ce qu’il nomme
« l’immondation », il fait parler le tragique d’une destructivité débridée qui sera à
jamais marquée dans les mémoires et dans la chair.
Dans ses tableaux très expressifs, les portraits se succèdent et les regards des
personnages grimés, méconnaissables, transpercent. Les masques carnavalesques,
une forme d’art brut, dégagent une double expression, l’ironie ou la dérision et la
profondeur dramatique, comme si l’artiste souhaitait laisser ouverte la question du
caché et du montré, de qui se cache ou qui se montre ? Un clown couronné côtoie un
personnage mélancolique, habité par la mort. Ailleurs, le grotesque côtoie le ridicule
et la tristesse douloureuse. Les couleurs sont fortes, les regards plutôt perçants, mais
parfois vides, sont toujours adressés au « regardeur » comme si les yeux étaient
porteurs d’une narration indicible sortie d’un imaginaire effrayant ou d’un
cauchemar éveillé.
Il se dégage une inquiétante étrangeté de l’ensemble de ces tableaux, où familier et
étranger sont mêlés dans une émotion vive et troublante. Onirisme ou froide réalité ?
Quel théâtre intérieur ces figures chatoyantes cherchent-elles à nous faire partager ?
Mais aussi quels regards sur le monde actuel portent ces masques grimaçants de
gaité forcée, ces visages déformés, ces frontières brouillées entre vivants et morts ?
Un pied de nez à la réalité, ou une tristesse intime qui passerait par l’ironie et le
décryptage d’exhibitions honteuses ?
Richard Kenigsman ne trempe plus ses pinceaux dans la boue, le traumatisme n’est
pourtant pas loin, mais il peint peut-être un certain monde d’après, un après pas
encore passé, dans le voisinage de la fausseté, de la honte masquée, de l’hubris
déchainé dans des couleurs vives, volontairement trop vives, mais parfois trop
blanches, par une ambiance faussement festive et dans le même mouvement,
angoissante. La couleur du trop d’affect, la puissance de l’identité exacerbée,
viendrait-elle compenser le trop peu, l’effacement derrière le masque blanc ? Le
blanc cherche t-il à neutraliser, à négativer, à montrer la mort à nu, ou la vanité du
vivant qui se joue une comédie à laquelle il ne croit pas ?
L’énigme de ces peintures reste entière, elle interpelle et dérange, incitant à toutes
les interprétations, entre le rire et les larmes, entre la comédie et la tragédie, entre le
deuil et la face grinçante, mais toujours autour de la mort et de la violence.
Richard Kenigsman a-t-il fait là une œuvre de vérité sur la nature humaine ?


Evelyne Chauvet , psychanalyste

Tragi Commedia Dell’ Arte , huile sur toile ( 120 x 83 cm) , 2026

Tragi Commedia Del Arte , Huile sur toile ( 100 x 100 cm ) 2025
Famille royale Huile sur toile ( 50 x 50 cm )

Exposition au Menachem Begin Heritage Center , Vernissage le 28 octobre 2025 , jusqu’au 7 novembre 2025, Sh. A. Nakhon ST 6, Jérusalem , Israël.

Colloque le 29 Octobre 2025

« SOUS LE SIGNE DE SION »

MAKOM – « Identité Humaine / Identité Juive »Du 7 octobre 2023 à octobre 2025…« 

Sous la direction de Michel Gad WOLKOWICZ, Président de Schibboleth – Actualité de Freud

COLLOQUE DU 29 octobre 2025

Comment permettre dans le toujours actuel d’un traumatisme abyssal un travail de deuil collectif et individuel et de liens à reconstruire à partir de ce qui s’exprime comme crise d’identité profonde, conséquence du massacre effrayant subi sur le terre même d’Israël, mais l’ayant peut-être aussi rendu possible, aggravant ses symptômes depuis plusieurs dizaines d’années, ayant produit, malgré une solidarité extraordinaire entre citoyens, des clivages massifs et dommageables, désagrégeant le tissu national et entamant une peau psychique groupale, rendant complexe consensus sur l’essentiel, perspectives partagées et prises de décisions?

En quoi l’existant sioniste, transcendant les idéologies et les croyances totalisantes, ainsi constitutif, dans un certain rapport singulièrement universel à la judéité, d’un fonds commun, participerait-il d’un sentiment subjectif et impliqué d’une appartenance plurielle, polyphonique, au peuple Juif? Le colloque engagera une réflexion historique, politique, éthique, psychopathologique, interrogeant, outre les effets intergénérationnels d’un état de guerre permanent, et ceux de la disparition des pères fondateurs et des figures marquantes du sionisme, les conceptions de l’identité comme construction toujours en devenir, de la transmission comme processus et appel uchronique à l’être, et la décision renouvelée de l’Alliance dans son rapport à l’invention de la liberté responsable. Également sur les éléments de l’anti-sionisme, dont le rejet de l’appartenance est productrice à la fois d’identitarismes fanatiques et de meutes hypnotiques haineuses, sans histoire, ni vérité et langage.

2024

exposition à L’ ECUJE le 23 mai 2024 .
« Larmes aux yeux …l’arme à l’épaule… »

Article de Presse dans Tribune Juive

…….Merci à Richard Kenigsman dont les œuvres sont des veilleuses dans la nuit, qui témoignent de notre fidélité sans faille à la mémoire des victimes du 7 octobre 2023 et à notre engagement à célébrer la vie. Gad Ibgui , Directeur général de l’ECUJE et de l’Institut Elie Wiesel.

……..Chaque jour , depuis le 7 Octobre , je trempe mes pinceaux dans les ténèbres.
Je les trempe dans la boue, au fond des bocaux qui servent à les nettoyer.
Les digues s’écroulent , l’humanité se décompose , l’inhumanité s’écoule, une  » immondation  » de peinture a envahi mon atelier . Merci à l’ECUJE d’accueillir cette exposition avec le soutien de Shibboleth. Richard Kenigsman.

…….Des mots sur les couleurs-douleurs du 7 Octobre 2023. ……. » Le Roi sait et pleure, il pense aux enfants, et imagine leurs terreurs, seuls dans le noir, sous terre depuis si longtemps, mais, le cœur brisé, il résiste et va de l’avant ! » Evelyne Chauvet, , Psychanalyste- SPP , Membre de Schibboleth-Actualité de Freud .

……..Car entre le deuil absolu et le non-deuil, il y a l’espoir. L’œuvre nous accorde un seuil de vie qui ouvre à la mobilité et à la réanimation vivante des tonalités assourdies et écrasées par l’état déprimé. Michel Gad Wolkowicz, Psychanalyste-APF. Prof.Paris-Tel Aviv- Glagow, président de Schibboleth-Actualité de Freud.

….Mon royaume pour une colombe. Raphaël Jerusalmy, Ecrivain

Les larmes de L’Homme du Roi. Sarah Cattan, Directrice de Tribune Juive.

Les tables de Kenigsman Sous-textes d’une exposition. Daniel Dayan, Anthropologue des médias.

Même le Roi ne rigole plus. Joel Kotek, Historien et Professeur de Sciences Politiques.

…..Je connais peu d’artistes qui face à ce choc et à la terrible et infinie tristesse qu’il provoque, aient immédiatement réagi en les transformant en une nouvelle thématique de création, donc en un outil d’expression et de combat. Alain Kleinmann, Peintre.

De quoi le pogrome du Hamas le 7 octobre 2023 fut-il géopolitiquement le nom ? Frédéric Encel, Professeur de relations internationales et de sciences politiques à la PSB Paris School of Business – Sciences Po, Paris .

…..Rien n’est plus impossible à un adulte : saisir l’instant du traumatisme par une représentation graphique. Rares sont les artistes qui ont essayé de retrouver ce sens du tragique de nos existences exprimé dans un dessin d’enfant de cinq ans. Picasso, peut-être, qui tentait désespérément d’y parvenir ; plus sûrement Chagall. Jean-Pierre Winter, Psychanalyste, écrivain, Membre de Schibboleth -Actualité de Freud et président du Coût Freudien.

Résonance de la tristesse : Découvrir les œuvres de Richard Kenigsman. Sandrine Szwarc, Historienne du Judaïsme contemporain, enseignante à la Sorbonne et coordinatrice des enseignements à l’Institut Universitaire Elie Wiesel.

DESSEINS DE VIE .Figurer contre la défigure. Thibault Moreau, Psychanalyste, Reims. Vice-Président de Schibboleth – Actualité de Freud.

Les yeux. Antoine Grumbach, Architechte, Urbaniste, Land artiste ( Les yeux du ciel ) .


L’Ange Noir de L’Histoire.
 » L’ art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »
Paul Klee. Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 200 x 100 cm ) , jeudi 15 mars 2024 .

Larmes au yeux …l’arme à l’épaule. Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 100 x 100 cm ) , lundi 27 novembre 2023.

Quand les mots manquent. Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 100 x 100 cm ) , jeudi 12 octobre 2023.

Immondation.
Huile et fusain sur papier Kraft recyclé ( 200 x 100 cm ) novembre 2023 .

La couronne tremble mais ne tombera pas. Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 100 x 100 cm ) , dimanche 15 octobre 2023.

Même les chiens. Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 100 x 100 cm ) , vendredi 13 octobre 2023

Sauvez nos enfants . Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 130 x 100 cm ) , mardi 10 octobre 2023.

Mon Dieu que vais-je découvrir ? Huile et fusain sur papier Kraft recyclé
( 100 x 100 cm ), dimanche 15 octobre 2023 .


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